Accueil Stress Stress Post Traumatique: définition, causes et traitements

Stress Post Traumatique: définition, causes et traitements

16 mai 2022
Rédigé par Inès
Vérifié par Clara Soussi

La vie est jalonnée d’événements marquants qui s’ancrent dans les mémoires. Si certains sont heureux, d’autres peuvent être traumatisants. La réaction face à ces derniers va être différente d’une personne à une autre. Il existe des individus qui ont la capacité de dépasser ces situations, par divers mécanismes comme la résilience. Mais, parfois, le choc est tel qu’on observe l’apparition d’un stress post-traumatique et de toute sa symptomatologie. Heureusement, il existe divers moyens de lutter contre cet état et de retrouver une sérénité qui permet de vivre pleinement son présent.

Stress Post Traumatique : qu’est-ce que c’est ?

Le stress post-traumatique a d’abord été principalement observé chez les soldats et les survivants des différentes guerres (14-18, 39-45…). Confrontés à l’horreur, ces derniers présentaient des affections similaires qu’on appela initialement des « névroses de guerre ». C’est plus tard, suite aux observations des vétérans du Vietnam, que des médecins américains attribuèrent le nom d’ESPT à ce trouble.

Désormais, le Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux (DSM 5) permet de le diagnostiquer chez n’importe quel adulte, adolescent ou enfant de plus de 6 ans même ayant vécu un ou plusieurs évènements traumatisants. Il faudrait, bien sûr, que ces personnes aient développé, par la suite, certains symptômes spécifiques, et ce, pendant plus d’un mois. En deçà de cette période, on parlera d’un stress aigu.

Quels sont les symptômes du stress posttraumatique?

Les manifestations notées chez ces sujets peuvent être regroupées en 4 catégories :

  • La reviviscence intrusive : elle peut se concrétiser à travers les cauchemars répétitifs qui replongent le sujet dans des sentiments d’horreur et d’impuissance éprouvés lors du trauma. Elle peut également prendre la forme de remémorations qui s’imposent à la personne ou de flash-back. Tout cela s’accompagne de réactions physiologiques importantes (tremblements, palpitations, sueurs froides, respiration difficile…).
  • L’évitement : des pensées, souvenirs, personnes, lieux, activités ou objets pouvant rappeler la scène traumatisante. Il faut noter que certaines personnes recourent aux drogues ou à l’alcool pour y arriver. Cela fait des conduites addictives un trouble souvent associé au syndrome de stress post-traumatique.
  • L’altération de la cognition et de l’humeur : elle peut prendre la forme d’une incapacité à se remémorer certains éléments capitaux de la situation traumatique. Par ailleurs, les émotions positives disparaissent et laissent la place à des affects négatifs persistants (colère, honte, culpabilité…). Il peut aussi y avoir des croyances déformées par rapport à soi, aux autres et au monde. On peut également observer un manque d’intérêt pour les activités, un repli sur soi et une grande irritabilité. Enfin, il y a l’impression d’être constamment menacé par l’imminence d’un événement malheureux.
  • Une modification de l’état d’éveil : hypervigilance, réaction de sursaut exagéré, difficultés de concentration, troubles du sommeil…

Stress Post-Traumatique : quand survient-il ?

Il est important de noter qu’il existe deux grands types de traumas qui causent cet état. Le premier, et le plus connu, est le fait de se retrouver face à une situation unique inattendue, qui représente une menace pour la vie de la personne (viol, accident…). Le second est plus insidieux. Il s’agit d’un événement répétitif auquel le sujet est soumis de manière prolongée (maltraitance conjugale ou parentale, harcèlement…). Qu’elle soit ponctuelle ou continuelle, la cause du stress post-traumatique peut prendre diverses formes.

Après avoir été gravement blessé ou côtoyé la mort

Frôler la mort de près est l’une des principales causes du stress post-traumatique. Il se peut que ce soit dans le cadre d’une guerre, d’un accident grave de la circulation, de catastrophes naturelles, d’un enlèvement ou d’un attentat. D’ailleurs, après les attaques du Bataclan, de nombreuses victimes ont développé ce trouble.

Les personnes vivent cet événement, où elles ont été gravement blessées et où leurs vies ont été menées, comme une rupture avec leurs vécus antérieurs. L’horreur intense ressentie et la perte totale de contrôle les figent dans ces instants pétrifiants et modifient leur vision d’elles-mêmes et du monde.

Après avoir été témoin d'événements douloureux

Il n’est pas obligatoire que le sujet ait subi lui-même l’évènement traumatique. Rien que le fait d’en avoir été témoin, suffit à faire émerger le trouble de stress post-traumatique. Ainsi, cela peut apparaître lorsqu’une personne se trouve face à une situation où la vie d’autrui est menacée. On peut également observer les symptômes chez un sujet ayant assisté à la mort non naturelle d’un individu ou s’il a vu ce dernier être victime de torture ou de violence physique ou sexuelle. Par ailleurs, il est important de noter que certains chercheurs ont cherché à démontrer que les expositions passives peuvent parfois avoir plus d’impact que le vécu de la situation en tant que victime. La forte culpabilité ressentie rendrait le trouble encore plus dur à dépasser par la suite.

Après une situation de peur intense

Certains évènements causent une peur d’une intensité telle qu’elle désorganise toutes les capacités et les ressources de l’individu. Au niveau cérébral, ce dernier subit une forte stimulation de l’hypothalamus et de l’amygdale parallèlement à un blocage de l’activité corticale préfrontale. Cela a pour résultat d’empêcher le processus de mémorisation normal et de rendre le sujet inapte à analyser la situation. Par ailleurs, le système nerveux végétatif est maintenu dans un état d’alerte bien après l’exposition à la situation. Selon Traber (2019), cela modifie durablement les structures du cerveau qui sont d’habitude régulatrices des fonctions cognitives, biologiques et émotionnelles face au stress. Tout cela favorise, alors, l’apparition d’un stress post-traumatique.

Quel traitement pour guérir du stress post-traumatique ?

En tant qu’affection psychiatrique, l’état de stress post-traumatique doit obligatoirement être pris en charge par des spécialistes de la santé mentale. Cela permettra de soulager la personne en souffrance et de réduire l’impact de cette pathologie sur les différentes sphères de sa vie.

Les médicaments

S’il en juge la nécessité, un psychiatre peut toujours prescrire des traitements médicamenteux pour soulager le stress. Dans le cas des ESPT, il est communément admis que les anti-dépresseurs ont une bonne efficacité sur la symptomatologie. Le Zoloft ou le Deroxat sont généralement les médicaments les plus adaptés. Cependant, ces derniers ne doivent en aucun cas être pris sans la prescription du spécialiste. Le dosage indiqué variera d’une personne à une autre et devra également être suivi à la lettre pour éviter des effets secondaires ou indésirables.

L’EMDR

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est l’une des thérapies recommandées par la Haute Autorité de Santé pour soigner les états de stress post-traumatique. Elle est normalement pratiquée par les psychiatres ou les psychologues cliniciens. Elle se base sur le mouvement oculaire (mais parfois les stimulations tactiles) pour transformer le trauma en un simple souvenir. Pour cette approche, le fait que l’événement n’ait pas été métabolisé correctement est dû à un dysfonctionnement du système de traitement des informations. L’intervention du spécialiste a pour objectif de corriger cela.

La NET

La Narrative Exposure Therapy est une méthode thérapeutique brève et assez récente (2000). Elle se base sur le récit des patients pour les aider à dépasser leur état. Selon cette approche, l’évènement traumatique n’a pas été mémorisé convenable. C’est comme s’il n’avait pas subi le processus classique de mémorisation et qu’il n’était pas considéré comme un souvenir. À chaque flash-back ou remémoration intrusive, le sujet le revit comme s’il se passait ici et maintenant. Grâce à cette thérapie, il va arriver à prendre du recul par rapport à son vécu et réécrire son autobiographie. Il se souviendra de la scène traumatique dans tous ses plus petits détails (olfactifs, sensoriels, émotionnels…), la replacera dans son cadre et se la réappropriera comme un événement parmi tant d’autres qui constituent sa vie.

Conclusion

Le stress post-traumatique est une pathologie dont la symptomatologie peut se révéler dure à gérer. Cela affecte généralement la vie personnelle, professionnelle et sociale de la personne. Pour s’en sortir, il est impératif de consulter un psychiatre ou un psychothérapeute. Ces derniers disposent des outils appropriés pour dépasser cet état. Parallèlement au traitement thérapeutique ou médical, il existe des astuces naturelles pour lutter contre le stress. Elles sont accessibles à tous et permettent de gérer les symptômes à n’importe quel moment et où que la personne se situe.

Les auteurs de cet article :
Inès
Inès, Psychologue Clinicienne
Clara Soussi
Clara Soussi, Psychologue clinicienne et psychothérapeute
crossmenu linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram