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Comprendre et soulager les maux de ventre dus au stress

16 mai 2022
Rédigé par Inès

L’expression « avoir la peur au ventre » n’est pas anodine. En effet, les douleurs abdominales constituent une des principales manifestations somatiques face à une situation anxiogène. Très gênants, parfois handicapants, ces maux peuvent même devenir des symptômes récurrents de pathologies digestives occasionnées généralement par le stress chronique. Il est donc important d’en détecter les premiers signes alarmants et d’y réagir rapidement pour éviter leur répercussion sur la qualité de vie de la personne.

Maux de ventre : quels sont les symptômes alarmants causés par le stress ?

Le fait de se trouver face à un événement angoissant provoque une impression d’estomac noué, de fortes douleurs au ventre et/ou l’envie d’aller aux toilettes. Si cela est tout à fait normal, parfois ces symptômes persistent même lorsque la situation anxiogène est dépassée. Il faut donc faire attention lorsque les diarrhées, la constipation, les crampes abdominales, les nausées ou même les brûlures d’estomac deviennent récurrentes. Il faut également noter que ces symptômes sont généralement associés à une forte fatigue. Leur intensité devrait également être un signe d’alerte.

En effet, il se peut qu’ils soient les prémisses de pathologies chroniques assez graves. Parmi ces dernières, il y a le syndrome du côlon irritable, de reflux gastro-œsophagien, de maladies inflammatoires de l’intestin ou encore d’ulcères gastro-duodénaux. Les recherches scientifiques ont attesté que le stress pouvait en être la cause ou un des facteurs favorisant l’apparition de toutes ces affections.

Les meilleures astuces pour traiter le mal de ventre

Pour éviter ou combattre les symptômes précédemment énoncés, il existe des moyens de réduire le niveau de stress ou d’améliorer le processus de digestion et le microbiote intestinal.

Pratiquer la respiration consciente

La respiration est censée être une activité inconsciente et innée. Pourtant, avec le temps, on perd notre capacité à respirer correctement et abominablement. En portant l’attention sur la manière d’inspirer et d’expirer, on reprend une respiration ventrale. Cela a des vertus relaxantes et méditatives. Les personnes qui s’adonnent à une telle pratique remarquent une baisse de leur niveau de stress, une régulation du rythme cardiaque et un regain d’énergie. Sur le plan physique, les études montrent une amélioration de l’oxygénation des cellules, une meilleure circulation sanguine, et donc un renforcement des ressources immunitaires. Cela protège des inflammations et des maladies.

Prendre une infusion digestive

Les tisanes ont une double fonction. Elles agissent aussi bien sur le stress que sur les intestins. En effet, en médecine chinoise, les boissons chaudes sont très recommandées. Elles vivifient le corps, favorisent un équilibre entre le Yin et le yang et permettent de se détendre.

En ce qui concerne les infusions, celles à base de mélisse, ont une action antispasmodique et des vertus apaisantes sur les troubles digestifs et nerveux (Cregg, 2019). Quant à l’anis étoilé, il améliore le processus de la digestion et réduit les ballonnements ainsi que les spasmes. Enfin, les décoctions de basilic sont un anti-stress naturel très puissant qui soulage les coliques, les maux de ventre et les crampes abdominales.

Limiter la consommation d’aliments riches en matières grasses

Les aliments gras attirent souvent les individus stressés. Une grande partie d’entre eux a désormais le joli surnom de « comfort food ». En effet, après une journée où les pressions environnementales se multiplient, certaines personnes aiment se jeter sur un burger plein de fromage ou une pâtisserie dégoulinante de crème pour se faire plaisir. Malheureusement ce bien-être ne sera que temporaire. En effet, plus un repas ou une collation est riche en lipides, plus il compliquera la tâche du système digestif et entraînera des désagréments et des douleurs intestinales.

Pratiquer une activité physique

L’activité physique provoque la libération de molécules du bonheur (endorphine, dopamine…) et améliore la circulation sanguine. Elle favorise donc la détente et la relaxation. Mais, si elle est pratiquée deux heures après avoir mangé, elle a aussi de nombreux bienfaits sur le système digestif. En effet, elle facilite l’absorption des lipides, réduit la constipation et préserve la muqueuse gastro-intestinale (Heiderich, 2019). D’ailleurs, les exercices sportifs modérés sont l'une des recommandations médicales pour les personnes souffrant de la maladie de Crohn ou de cancers du côlon.

Augmenter la consommation d’aliments riches en fibres

Selon l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), la consommation des fibres préserve de diverses pathologies comme le cancer colorectal. Elles permettent également de réduire les troubles comme la diarrhée ou la constipation. Enfin, elles fortifient le microbiote intestinal qui forme une barrière protectrice du système digestif. En effet, ce dernier se nourrit de ces éléments fibreux.

Il est donc fortement recommandé de manger cinq fruits et légumes par jour, des grains entiers, des légumineuses ainsi que différents types de graines et de noix.

Pourquoi le stress influence le système digestif ?

On pourrait croire que c’est l’état psychologique qui cause les perturbations viscérales. Cela est bien sûr vrai. À travers une action sur le système nerveux sympathique et parasympathique, l’angoisse va mobiliser les ressources de l’individu pour qu’il réagisse par la fuite ou par le combat. Mais cela va avoir des conséquences indirectes et désagréables sur le processus de digestion. L’anxiété modifiera alors la motilité intestinale et provoquera des diarrhées. Chez d’autres personnes, nous observerons au contraire de la constipation. Elle va aussi affaiblir le pouvoir protecteur de la flore intestinale et augmenter les risques d’inflammation.

Cependant, les découvertes scientifiques récentes ont aussi montré que la relation entre le stress et le système digestif n'est pas unidirectionnelle. En effet, une étude comme celle de Mayer et ses collaborateurs (2014) prouve qu’un microbiote humain déséquilibré envoie lui aussi des signes au cerveau, provoquant la naissance de certaines émotions et l’apparition du stress. Il faut rappeler que le lien entre le système cérébral et les intestins est tellement fort que certains spécialistes surnomment ces derniers « le deuxième cerveau ». Cela est, en partie, dû au fait que nous retrouvons au niveau intestinal le système nerveux entérique (SNE) qui contient un nombre impressionnant de neurones (à peu près 500 millions). De plus, c’est là que l’hormone de la sérénité, portant le nom scientifique de Sérotonine, est produite.

Conclusion

Ainsi, l’interaction entre les deux cerveaux peut placer une personne stressée dans une sorte de cercle vicieux dont la dynamique épuisera les ressources de son organisme. Cela en fera une proie à diverses pathologies. C’est pourquoi, il est important de suivre les astuces proposées plus haut qui visent à réduire le stress et à améliorer la qualité du microbiote. L’article « Comment déstresser rapidement en moins de 5 minutes ? » répertorie d’autres moyens naturels qui permettent de se libérer des angoisses.

Les auteurs de cet article :
Inès
Inès, Psychologue Clinicienne
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