Accueil Stress Hormone du stress (Cortisol): définition, causes et traitements

Hormone du stress (Cortisol): définition, causes et traitements

16 mai 2022
Rédigé par Inès
Vérifié par Clara Soussi

Entre le moment où une personne est confrontée à une situation stressante et celui où elle va la fuir ou l’affronter, il s’écoule parfois quelques secondes. Pourtant, durant ce court laps de temps, une avalanche de réactions physiologiques se met en place dans l’organisme. Cela déclenche, entre autres, la libération du cortisol. Cette hormone du stress est un élément vital pour l’organisme. Mais si elle est sécrétée en trop grande quantité, elle va avoir des conséquences délétères sur la santé. Heureusement, il existe des moyens de réguler son taux par l’adoption de certaines habitudes très simples.

Cortisol hormone du stress : qu’est-ce que c’est ?

Le cortisol est une hormone essentielle au bon fonctionnement de l’organisme. En situation de repos, elle est sécrétée suivant le rythme diurne (Béliard et ses collaborateurs, 2021). Ainsi, son niveau est assez élevé le matin et cela donne l’énergie et la motivation nécessaires à la personne pour qu’elle se réveille et affronte sa journée. Son taux baisse le soir pour pratiquement s’effondrer entre minuit et quatre heures du matin. Cela permet à l’individu de se calmer et de s’abandonner dans les bras de Morphée.

Mais lorsque le sujet est soumis à un stress, des variations par rapport à la normale vont être observées. Face à une menace imminente ou à un événement ressenti comme très anxiogène, l’hypothalamus, l’hypophyse et les glandes médullosurrénales génèrent une production accrue d’adrénaline et de noradrénaline. Ces molécules vont mobiliser les ressources de l’individu pour qu’il se mette en état d’alerte (augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle…). Durant la phase de résistance aux angoisses, le corps devra maintenir une certaine force, tout en retrouvant un certain équilibre. Pour cela l’axe hypothalamo-hypophysaire surrénalien va provoquer la sécrétion du cortisol. Ce dernier va puiser dans les ressources de glucose et de lipides pour les transformer en énergie (Béliard et collaborateurs, 2021). Ainsi, c’est lui qui va permettre au sujet de « survivre » à l’évènement anxiogène. Cependant, si le stress se chronicise, la surproduction de cette substance aura l’effet inverse de ce qui était attendu au départ.

Les causes et les conséquences évidentes du cortisol

Physiologiquement parlant, les causes de la hausse du taux de cortisol sont généralement surrénaliennes ou hypophysaires comme on l’a expliqué plus haut. Sur le plan pratique, c’est le plus souvent les agents stresseurs qui en sont à l’origine. Ces derniers peuvent être d’origine :

  • Environnementale : catastrophe naturelle, accident…
  • Professionnelle : surcharge de travail, supérieurs très exigeants…
  • Financière : dettes, dépenses inattendues…
  • Relationnelle : perte d’un proche, harcèlement…
  • Personnelle : manque de confiance en soi, une maladie…

Ils stimulent la production de cette molécule de façon ponctuelle et cela est salvateur. Mais s’ils perdurent dans le temps et que l’individu n’arrive plus à avoir les capacités de les gérer, il est fort probable que ce dernier manifeste un stress chronique.

Les symptômes de l'hormone du stress

Le niveau de cortisol devenant trop haut, il entraînera une forte sensation de fatigue, des troubles du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Il contribue également à la fonte musculaire, mais aussi à la prise de poids. En effet, en épuisant constamment les ressources de lipides et de glucose pour créer de l’énergie, l’organisme aura besoin de se ravitailler et la sensation de faim sera très fréquemment ressentie. Il y a également un risque de diabète.

Par ailleurs, la sécrétion ne baissant pas à la nuit tombée comme attendu, des troubles du sommeil seront notés. Cela affectera aussi la mémoire, la concentration et de nombreuses autres fonctions cognitives. De plus, cette hormone du stress deviendra pro-inflammatoire et les défenses immunitaires seront affaiblies. Cela entraînera l’apparition de diverses pathologies comme le syndrome de Cushing et des tumeurs plus malignesdes infections bactériennes, fongiques ou virales (Espiard, 2019), de l’eczéma ainsi que diverses autres affections dermatologiques, de l’ulcère

Quand consulter ?

La hausse du taux de cortisol dans l’organisme peut avoir diverses conséquences nocives sur ce dernier. Il est donc primordial de consulter rapidement face à l’émergence de certains symptômes cités plus haut. Il existe également d’autres signes d’alerte à ne pas négliger et qui doivent constituer un motif de consultation.

Les signes qui doivent alerter

Diverses manifestations somatiques, cognitives et/ou comportementales devraient inquiéter le sujet et le pousser à consulter.

Des signes physiques et fonctionnels

Les personnes ayant un haut taux de cortisol vont développer un état de tension physique persistant. Elles se sentiront toujours éreintées et ne pourront pas s’endormir facilement. D’ailleurs, ce sera un cercle vicieux, plus elles seront stressées moins elles pourront profiter d’un bon sommeil. Et moins ce dernier sera reposant, plus elles auront des angoisses.

Elles développent aussi d’autres troubles instinctuels comme les modifications de l’appétit et de la libido. Enfin, Elles risquent de développer diverses pathologies cutanées, gastro-intestinales, musculosquelettiques ou cardiovasculaires, générées par leur état psychique.

Des manifestations psychologiques et cognitives

Les sujets subissant un stress prolongé vont être continuellement assaillis de divers types d’angoisses. Ceci réduit leur potentiel cognitif initial vu que toutes leurs ressources vont être focalisées sur la gestion du stress. Ainsi, leur attention, leur concentration, leur créativité et leur capacité à prendre des décisions se trouveront altérées. Parallèlement, ces personnes se sentent extrêmement tendues et chaque évènement va leur paraître déstabilisant et source de nouvelle pression. L’irritabilité sera alors au premier plan.

Des signes comportementaux

Cette irritabilité ainsi que cette tension physique et psychique entraîneront des comportements qui tranchent avec l’ancien fonctionnement psychique de la personne. Ainsi, elle deviendra hostile et pourra carrément avoir des gestes agressifs. Elle pourrait aussi se replier sur elle-même et réduire son cercle social. Certains pourraient se réfugier dans l’alcool ou la consommation d’autres substances addictives, croyant, à tort qu’ils les aideront à mieux supporter ou à oublier les difficultés psychologiques qu’ils traversent.

Les personnes à risque

Bien que personne ne soit à l’abri du stress et de l’élévation de la sécrétion de son hormone dans l’organisme, certaines personnes sont plus à même de développer ses symptômes que d’autres. Chez certains de ces sujets, la hausse du cortisol va fragiliser encore plus leur santé déjà défaillante.

La population la plus sensible au stress

Selon les dernières études, nous ne sommes pas tous égaux face au stress même si nous le subissons tous au quotidien. Ainsi, 9 personnes sur 10 se disent stressées (sondage Opinionway, 2017). Mais les femmes sont les plus touchées vu que 60 % d’entre elles déclarent souffrir d’angoisses fréquemment contre 38 % des hommes. En effet, ces dernières subissent une grande charge mentale et diverses modifications hormonales mensuelles qui participent probablement à cette sensibilité.

Par ailleurs, la tranche d’âge la plus fragile semble être les jeunes de 25 à 35 ans. Cela pourrait être causé par leur récente confrontation au monde du travail et aux nombreuses nouvelles responsabilités auxquelles ils doivent faire face.

Les sujets chez qui la hausse du cortisol est problématique

La surproduction du cortisol peut devenir assez dangereuse chez des personnes présentant des défaillances immunitaires. En effet, les sujets immunodéprimés présentent un terrain favorable pour développer toutes sortes de pathologies. La hausse de l’hormone du stress trouvera dans leur organisme une barrière protectrice fragilisée. Cela lui permettra de déclencher des inflammations et diverses algies.

Par ailleurs, chez les individus souffrant d’une maladie occasionnant une hypercortisolémie, les symptômes risquent de se multiplier et de s’intensifier.

Enfin, les personnes ayant déjà un haut risque cardio-vasculaire devraient agir le plus rapidement possible pour faire baisser le niveau du stress.

Comment se déroulent la consultation et le diagnostic

Le stress, étant la maladie du siècle, souffre d’une banalisation de la part de la société. En effet, la majorité des sujets rationalise la tension qu’elle vit et peu de personnes décident de franchir la porte du cabinet d’un spécialiste pour se faire aider.

La consultation

Pourtant, la consultation est loin d’être un moment éprouvant. Certains se sentent même soulagés rien qu’après un premier entretien avec le professionnel. Il suffit de bien choisir ce dernier. La personne pourra opter pour un psychologue, pour un psychiatre ou pour un psychothérapeute. Le premier n’a pas suivi d’études de médecine et ne prescrira pas de médicaments, alors que le second pourra le faire. Les deux peuvent avoir bénéficié d’une formation en psychothérapie qui les outille pour mieux aider le sujet à aller mieux.

Une fois le rendez-vous pris, le spécialiste consacrera la première rencontre à l’anamnèse. Il prendra alors des notes concernant ce qui amène le patient, son passé, ses antécédents psychiatriques et médicaux ainsi que ceux de sa famille. En observant ce dernier, il pourra aussi repérer des signes qui l’orienteront vers le diagnostic.

L’établissement du diagnostic et ses implications

En plus de l’observation, le spécialiste de la santé mentale pourra faire passer à la personne divers tests psychologiques quantitatifs pour évaluer le nombre et l’intensité des symptômes. D’autres épreuves qualitatives peuvent aussi être réalisées afin de mieux comprendre le fonctionnement psychodynamique du sujet et afin de lui indiquer une thérapie qui s’adapte à la structure de sa personnalité. Des analyses sanguines comme celle du taux de cortisol peuvent parfois être demandées.

Si toutes ces investigations permettent de diagnostiquer un état de stress important. Le médecin pourra prescrire un traitement médicamenteux s’il estime que c’est la meilleure alternative pour la personne. Il pourra aussi lui indiquer de suivre une psychothérapie en complément (ou pas) de la médication.

Diverses approches peuvent être adoptées selon les cas. La psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC) a démontré une efficacité redoutable pour baisser le taux de cortisol et aider les patients à mieux gérer leurs perceptions des événements stressants. D’autres méthodes thérapeutiques brèves peuvent également être recommandées comme l’hypnose, la thérapie de soutien ou la psychothérapie systémique. La première permet de mieux contrôler son état de relaxation et de bénéficier d’une bonne qualité de sommeil. La seconde libère la parole et permet de prendre du recul par rapport à son vécu, de l’accepter et d’apprendre à le gérer. Enfin, la dernière permet au sujet de saisir que son état est le résultat de tout un système interactionnel défaillant et de trouver un moyen d’y remédier.

En plus de toutes ces techniques scientifiques bien structurées, le professionnel peut vous donner quelques astuces pour vous aider à réguler le stress par vous-même au quotidien.

5 astuces pour réguler efficacement l'hormone du stress

Vu toutes ces conséquences sur le métabolisme et les risques élevés de pathologies, dues à une hausse de la sécrétion du cortisol, il est important de baisser son taux. L’ashwagandha, également appelée la cerise de l’hiver ou le ginseng indien, est un des meilleurs remèdes qui permet d’atteindre des niveaux normaux de cette hormone.

Cette plante adaptogène régule les diverses fonctions de l’organisme et lui permet d’atteindre l’homéostasie. La prise d’un tel traitement pourrait être associée aux techniques proposées ci-dessous pour avoir un dosage hormonal permettant un fonctionnement optimal de l’organisme.

Réaliser un exercice de respiration abdominale avant le coucher

Les angoisses causent souvent des insomnies et ces dernières génèrent du stress. Cela emprisonne le sujet dans une dynamique de fatigue et de tracas qui maintiennent le taux de cortisol à des niveaux très importants et hautement délétères. Pour rompre ce cercle vicieux, il est important de baisser les sécrétions de l’hormone avant de dormir. La respiration abdominale est parfaite pour cela. Elle permet un meilleur déploiement des poumons et par là une amélioration de l’oxygénation du sang et des cellules. Cela permet aussi au rythme cardiaque et aux productions hormonales surrénales de revenir à la normale.

Pratiquer la méditation

Cette pratique est passée de la sphère religieuse et spirituelle au monde médical. En effet, de nombreuses recherches ont prouvé son impact sur la santé physique et mentale de ses adeptes. L’étude réalisée par Carlson et ses collaborateurs (2007) a attesté que la méditation pleine conscience réduisait les taux de cortisol salivaire chez les patients souffrant de cancer. Une autre méta-analyse, réalisée en 2017 par Pascoa et ses collaborateurs, a montré que cette méthode thérapeutique abaissait divers marqueurs de stress (cortisol sanguin, tension artérielle…).

Limiter la consommation d’alcool et de caféine

L’alcool entraîne une élévation importante du taux de l’hormone du stress. D’ailleurs, certains alcoolodépendants peuvent même manifester un pseudo syndrome de Cushing (Danel, 2006). Il est donc fortement conseillé de réduire la consommation de ce type de boissons. Il faut aussi en faire de même pour la caféine. En effet, cette dernière stimule le cortex surrénal et libère donc du cortisol. Si celui-ci apporte au départ de l’énergie, à forte dose et consommé les jours de pression, le café va rendre la personne encore plus nerveuse et irritable.

Opter pour une alimentation saine

Pour réduire le cortisol dans l’organisme, il est important d’adopter un régime alimentaire sain et anti-stress. Ce dernier devrait intégrer des vitamines, du magnésium, de bons acides gras et des tryptophanes. Parmi les aliments les plus recommandés, il y a l’avocat, la banane, les oranges, les asperges, le saumon, les céréales complètes ainsi que les noix et les graines de toutes sortes. En ce qui concerne les boissons, il est recommandé de remplacer le café par du thé vert et spécialement par le matcha qui contient de la L-théanine. Cette dernière possède des propriétés relaxantes.

Écouter souvent ses musiques préférées

Des chercheurs chinois ont testé l’effet de la musicothérapie sur les angoisses pour démonter que des traitements non pharmacologiques pouvaient améliorer la santé mentale. Les résultats ont été étudiés grâce, entre autres, à l’évaluation du taux de cortisol sanguin avant et après l’exposition aux mélodies. Cela a permis de prouver que la musique réduisait clairement le niveau de l’anxiété et de l’hormone du stress. Elle réduit également le rythme cardiaque. D’autres études ont alerté sur le fait qu’il est très important que les sons écoutés soient familiers et aimés par la personne. C’est seulement à cette condition que ces derniers procureront l’effet escompté.

Conclusion

Ainsi, pour éviter les effets nocifs du cortisol sur le corps, il existe des remèdes et certaines plantes qui peuvent être très efficaces. Il est très aisé de les utiliser ou d’en faire une routine quotidienne qui garantit le bien-être physique et mental. Sur Calmement, nous proposons d’autres moyens de se débarrasser du stress comme l’homéopathie ou le coloriage. En effet, ce site est un annuaire de référence pour ceux qui cherchent à atteindre la sérénité.

Les auteurs de cet article :
Inès
Inès, Psychologue Clinicienne
Clara Soussi
Clara Soussi, Psychologue clinicienne et psychothérapeute
crossmenu linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram